J'ai 24 ans

Ca y est j’ai 24 ans. Je me suis dis que ça pouvait être libérateur de faire un petit bilan sur comment je me sens intérieurement. 

Ca pourra peut-être faire un écho chez certaines personnes, ennuyer les autres ou tout simplement vous donner envie de faire aussi un petit bilan de vie. Je pense que c’est plutôt sain et que cela permet de vider ses poubelles mentales pour mieux pratiquer la gratitude et se regarder bien en face. 

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J’ai décidé de ne plus avoir peur de mes petits démons mais de les embrasser pour mieux les dompter. Même si ce n’est pas toujours facile et que cela demande beaucoup de persévérance et de courage. 

 

J’ai fêté mes 24 ans dans une merveilleuse ville qu’est Marrakech. J’étais entourée de ma famille, dans un environnement très confortable qui je l’avoue me faisait parfois culpabiliser étant donné que la plupart des gens là-bas sont assez pauvres. 

Je suis née au bon endroit, je m’en rends compte et je remercie vraiment le ciel pour cette liberté qu’on m’a offerte dès ma naissance. Merci la vie. Je tente chaque jour d’en être consciente et de rendre la pareille comme je le peux. 

Voilà, on peut commencer par là. 

 

La culpabilité : A 24 ans, je culpabilise toujours énormément au quotidien. C’est normal après tout, j’ai beaucoup alors que d’autres n’ont pas autant. Et pourtant, je trouve aussi le moyen d’être triste ou dégoûtée par la vie à certains moments. C’est injuste. Cependant, je sais que le bonheur n’est certainement pas matériel. J’ai accès à beaucoup de plaisirs au quotidien, mais le bonheur ne s’achète pas. Il ne se matérialise pas. Il est à la portée de tous, gratuitement mais il demande un grand entraînement mental pour se faire ressentir à 90% dans sa vie. 

Je dirai qu’à 20 ans, je me sentais heureuse à 40%. 

Aujourd’hui, je me sens heureuse à 65%. C’est la méditation et l’expression qui m’ont beaucoup aidé. En effet, sortir ses poubelles mentales, parler à un ami, dire la vérité sur ce qu’on ressent au lieu de « jouer » au jeu de l’égo, tout ça, m’a permis d’être plus en phase avec moi-même et de lâcher prise un peu plus au quotidien. 

Je me sens globalement plus légère, joyeuse et positive qu’il y a 4 ans en arrière. 

Je ne vous cache pas que mon rapport au corps est toujours compliqué, je travaille beaucoup sur ça, mais je me sens quand même beaucoup plus aimante envers moi-même qu’auparavant. 

Toutes mes angoisses de jeunesse ne se sont pas toutes apaisées. A certains moments elles surgissent, mais durent moins longtemps et sont moins puissantes qu’avant. Notamment depuis que j’ai rencontré mon amoureux actuel, avec qui je file un amour très fusionnel et rempli de tendresse, de projets, de dynamisme. Mes échecs passés resurgissent face au vertige de l’amour, face à la sensation de vulnérabilité qui me prend lorsque je me rends compte que je suis amoureuse. Que mon coeur peut en prendre un nouveau coup, et que je peux à nouveau devoir faire le deuil d’une personne qui me comble de joie. 

Je me sens moins prisonnière de mon esprit et de mon corps, et à l’inverse, je me sens plus dans l’amour et la patience. Je relativise, chose que je ne faisais pas du tout quand j’avais 20 ans. Ca m’était impossible, je croyais tout ce que je pensais et j’en étais esclave. 

Aujourd’hui, c’est différent. La pratique de la méditation y joue pour beaucoup, mais il y a aussi simplement la vie, l’expérience et la conscience qui apportent tout ça. 

Je pense qu’il y a plusieurs chemins différents qui mènent à notre consécration intérieure. Chaque choix que l’ont fait, même si celui-ci nous fait douter, amène son lot de leçons, d’expériences et donc apporte sa pierre à notre édifice. Même si ça part très mal. Même si on nous décourage d’y aller. Chaque place où l’on se trouve actuellement est la bonne. Car elle est réelle et qu’elle se vit. Et vivre, apporte forcément des leçons qui nous permettent de nous aimer davantage et de tenir debout tout seul. 

Je n’en suis pas encore là, du moins pas de manière permanente, car ça n’existe pas (selon moi, du haut de mes petits 24 ans). Le bonheur se ressent par moments, mais pas au quotidien. Ce qui se ressent au quotidien, c’est la conscience de l’instant présent et la conscience de l’effort d’être quelqu’un de vivant et de pas trop mal. 

C’est ce que je m’efforce de faire. Parfois ça rate, parfois ça marche. Alors je prends les petites victoires et j’essaye de me dire que tout rentre toujours dans l’ordre si on est une bonne personne. Je le fais égoïstement, mais aussi par plaisir de rendre les autres heureux. J’ai vraiment appris que donner, ça enrichit. Spirituellement je veux dire. Donner, procure une sensation d’infini qui se répercute directement dans tout notre corps et ainsi dans notre propre reflet. En fait je crois que c’est une sorte de loi de la nature. 

Bon, pour faire court, faut pas non plus s’oublier pour les autres, car si on ne prend pas soin de soi, forcément on ne peut pas trop prendre soin des autres, c’est clair. Mais parfois, s’occuper de quelqu’un répare deux personnes en même temps. La personne en face, mais aussi nous. Et c’est magique. 

A 24 ans, je suis toujours en conflit avec moi-même, je ne vous le cache pas. Je déborde, j’ai peur de certaines facettes de ma personnalité, je cogite trop, je doute tout le temps, j’ai tendance à avoir peur du jugement et de l’abandon, j’ai encore des petites angoisses non réglées avec les rapports physiques, l’amour, mes parents et je me fous trop la pression par rapport à l’adulte que je dois être. Mais globalement, je m’en sors de mieux en mieux au fil des années, je suis très bien entourée. Mes amis sont incroyables qu’on le dise franchement et je remercie tous les jours l’univers pour avoir eu la chance inouïe de croiser leur chemin. 

A 24 ans, je suis plus sereine, je lâche prise sur beaucoup de choses qui me paraissaient impossibles, je suis plus positive, plus optimiste, je vis moins dans ma tête, je me fais plus confiance car tout simplement je me connais beaucoup mieux. Je m’entends mieux avec mon père, je prends plus soin des autres et je me laisse porter, sans trop broncher, par la vague d’amour que cette vie a à nous offrir. Je cherche toujours des réponses à quelques questions, car redécouvrir l’amour fait surgir pas mal de phrases non terminées qui étaient endormies en moi. Mais ça passera, petit à petit je vivrai + dans l’instant présent et je lâcherai prise. Faut juste que je me laisse le temps d’apprivoiser cette nouvelle vie, ce duo amoureux et que je me ressource un peu plus souvent dans ma bulle. 

Aussi, je me sens plus impliquée dans ma vie professionnelle et je sens que je commence à y trouver ma place. Je me sens plus en phase avec ce qui m’entoure et j’arrive à relativiser lorsque les moments d’obscurité me tapent sur l’épaule. Ce sont des choses qui vous paraissent peut-être évidentes, mais ce sont mes petites victoires à moi. Je suis fière de moi et je n’ai pas honte de le dire. 

J’espère sincèrement qu’un jour je réussirai à changer un peu le monde et à l’apaiser comme je le peux. Parce que c’est important de ne pas faire aux autres ce qu’on n’aimerait pas qu’on nous fasse, et de toujours voir son prochain comme si c’était un frère. 

 

Voilà, j’ai fait le tour. Bisous !


Un éléphant sur le doigt 

Tendresse Génération Société Portraits