J'ai rencontré l'impossible tête-à-tête

Aujourd’hui j’ai enfin décidé d’extérioriser une de mes plus grandes frustrations de cette année, autrement qu’à travers des SMS ou des conversations sans issues. Quand je parle de frustration, je veux dire une étrange émotion, injuste, disproportionnée, mais vivifiante. 

Un elephant sur le doigt - Blog - Lorraine Sorlet

Cette mésaventure a suscité de grandes questions et de multiples conflits intérieurs durant ces derniers mois. Néanmoins, je n’ai jamais vraiment perdu confiance en moi ni en l’amour. Tout d’abord parce que je pense que nous avons les réponses en nous, parce qu’il y a des intuitions qui sont plus fortes que de méchants discours, et surtout parce que j’ai la foi. Tout au fond de moi, dans une petite boîte en béton perdue dans mes atomes, je crois en moi, je le sais. 
Tu t’es déjà demandé pour quelles raisons tu as rencontré certaines personnes, pourquoi vous êtes-vous parlé et connectés, à un moment précis ? Pourtant je ne me sens pas en osmose facilement avec les personnes que j’aborde. Mais cette fois-là, une décharge électrique ou je ne sais quel mécanisme psychique s’est produit. Très fort, très vite et très mystérieusement. Puis s’est terminé en court-circuit. 

 

Toutes ces intuitions entre les gens, ces histoires de timing, ces inconscients qui se répondent, ces connexions réciproques et évidentes…sont-elles uniques, éphémères, ou sont-elles écrites pour une raison précise ?

Je parle là de quelque chose de bien plus puissant qu’une attirance physique ou spirituelle. C’est le packaging le plus complet qui puisse exister, puisqu’il ne manque rien. Tout est une évidence, et le mieux, c’est que dans ces moments-là, on sait si c’est réciproque ou non. Écoute ton corps, il a les réponses. 
Tu sens que, s’il se passe ce quelque chose avec ce genre de rencontre, c’est aussi qu’il y a une attirance de l’autre côté. Une connexion ne peut s’établir que d’une seule face. Il faut deux éléments, donc deux êtres, pour que cela puisse prendre forme et se faire ainsi, ressentir. Malheureusement, de nos jours, la vérité ne fait pas le poids.
Ce qui compte, ce n’est pas de réparer les bavures ou de pardonner, c’est de rester le plus fort et de gagner le jeu. 

 

J’ai tout gâché, à plusieurs reprises au cours de ma vie (faut du temps pour apprendre de ses erreurs), non pas parce que j’ai merdé à 100%, mais aussi parce que j’ai merdé avec les mauvaises personnes. Des personnes rancunières, peu empathiques, bornées et orgueilleuses. Comme pour les connexions, les problèmes ne viennent jamais que d’un seul côté. Tout est une question d’interrelations. On a besoin les uns des autres mais on peut aussi se détruire les uns les autres. 
Le fait est, qu’aujourd’hui, une personne qui t’a émue, touché et donné de la valeur, peut te procurer l’extrême inverse en peu de temps. Sans mettre des mots dessus pour que tu puisses t’améliorer, et sans une once d’empathie. Je ne pense pas qu’il suffise d’une erreur de parcours pour donner naissance à l’irréversible et à la haine. Puis ne dit-on pas qu’entre l’amour et la haine il n’y a qu’un pas ?

On peut me traiter de folle, de faible, de tout, mais je m’en fiche. Parce que nous ne sommes pas tous égaux face à la sensibilité ni notre façon de vivre certaines situations. 

 

J’ai pas mal souffert, parce que l’impuissance et l’injustice sont des fléaux pour n’importe qui. Face à cette personne qui m’a fait du mal, je n’ai jamais pu me défendre réellement, ni même comprendre la véritable source de ses jugements et ses interprétations. Et si cela a pu pour certains, paraître obsessionnel, eh bien je peux écrire aujourd’hui que ça ne l’est pas. 

Il s’agit plutôt d’une blessure narcissique, un conflit intérieur entre ce que je perçois et ce que l’on me dit, une incompréhension face à un comportement inattendu, et surtout une frustration tellement forte que je n’en ai jamais vécue de pareille au cours de ma vie. Il y a des regards qui en disent plus long que de violents discours dissonants. Il y a des vibrations qui se dégagent d’un corps et qui résonnent en nous, de façons plus évidentes que des SMS bateaux et remplis de mensonges. Il y a aussi la pression sociale et le besoin de maîtriser une angoisse à travers une situation. 
J’écris toutes ces mésaventures qui doivent vous paraître bordéliques et incohérentes, pour conclure sur une idée générale qui est la suivante : 

 

Si dans la vie, une personne qui a compté pour toi ou qui t’a fait ressentir de belles choses, te fait te sentir insignifiante, sans explications (et de manière brutale), ne te blâme pas. 

Ne te dis pas que tu es une obsédée, que c’est ridicule d’avoir envie d’obtenir des réponses à tes questions, d’avoir besoin d’un petit quelque chose pour te rassurer, même tout petit soit-il. C’est normal, on a un cœur, on s’attache même si on prétend le contraire, on a besoin de sérotonine (l’hormone du bonheur pour ceux qui ne savaient pas) donc si une personne t’a fait te sentir bien et t’a plu, et qu’en plus tu savais que c’était réciproque, c’est normal d’en redemander (oui un peu comme une drogue). Pour avancer, pour réellement tourner une page, il faut parler, il faut comprendre et il faut être dans le vrai. 
Si tu veux vraiment qu’une personne te lâche la grappe, explique-lui gentiment les faits et apaise-la. Tu obtiendras beaucoup plus rapidement ce que tu recherches. Et si tu’es plutôt trouillard (on l’est tous un peu), surpasse tes angoisses et saisies le bonheur qui est à ta portée. Parce que même la peur ne peut pas rivaliser face à l’amour et la tendresse. La violence et la haine viennent des préjugés et des incompréhensions entre les gens.

Nous sommes des îles, et le seul pont qui existe entre nous tous, ce sont les mots. On a beau ressentir des émotions, le meilleur moyen de transmettre est de communiquer oralement.

 

Même les pires paroles peuvent cacher des blessures qui ne demandent qu’à être réparées avec de la compassion. Tant de blessures et de frustrations nous empêchent d’être vraiment nous-mêmes et d’aimer les gens. Alexandre Jollien a si bien dit « et c’est presque une lutte, quand tout appelle à la fuite, que d’oser pour un temps baisser la garde, juste laisser passer (…) Sortir du calcul et du paraître, prendre son bâton de pèlerin et s’engager dès à présent dans une vie plus altruiste n’a rien de surhumain. » 

Je pense qu’il faut du courage pour renoncer à des personnes. Il faut du courage pour choisir de continuer à porter un masque face aux autres, de montrer une image forte et inaccessible au détriment du bien-être de quelqu’un d’autre. Je ne dis pas que l’on doive se forcer à aller vers une personne, mais faire les choses bien et de façon juste est à la portée de tous. 


Il y a des rencontres qui semblent parfaites puis finissent on ne sait comment, en d’impossibles tête-à-tête. 



Un éléphant sur le doigt

Phénomène Tendresse Portraits Génération Société